mercredi 17 décembre 2014

Aran, la fin

Dernier jour, avec déjà l'angoisse du départ qui nous serre la gorge au réveil. Il me semble que, quand on a très peu envie de quitter un endroit à la base, devoir monter dans un bateau ne fait qu'aggraver la situation, peut-être comme quand on prend un avion ; en tout cas c'est un départ autrement plus officiel qu'un simple trajet en bus. Nous avons passé cette journée à nous promener de l'autre côté de l'île - à l'autre bout du bout du monde, comme dit la chanson. Nous nous sommes faites chasser par des vaches méfiantes, nous avons pédalé dans le sable et contemplé la mer, encore et encore, mais surtout nous avons fait des plans pour tout quitter et rester sur Aran à tout jamais, à élever des moutons, pêcher à la ligne et profiter de la vie. 





Nos fidèles destriers



lundi 15 décembre 2014

Aran, la suite

Le deuxième jour, nous nous décidons à louer des vélos afin d'aller voir ce qui se cache derrière Kilronan. Nous faisons la connaissance d'une Italienne et d'un Marocain qui viennent d'arriver par le bateau du matin et repartiront par le bateau du soir. Ils sont également équipés d'une bicyclette, nous partons ensemble vers la pointe nord de l'île. Le paysage est incroyable, il fait beau et même un peu chaud, c'est un jour parfait, hormis un détail : j'ai laissé ma carte SD dans mon ordinateur. Je vous posterai donc les quelques photos que j'ai tout de même pu sauvegarder sur la mémoire intégrée de mon appareil dès que j'aurai remis la main sur le câble qui permet de le connecter à mon pc. Il me semble que les photos sont assez chouettes mais je ne sais pas si elles parviendront à retranscrire toute la magie de cette journée et la force de certains moments, comme être assise en haut d'une falaise, les pieds dans 100 mètres de vide, ou encore, arrivant au bout de l'île, dévaler la pente à pleine vitesse pendant trois minutes en voyant les lignes de séparation entre terre et mer converger rapidement vers un même point où on est obligé de s'arrêter car après, plus rien. Un ou deux gros rochers noirs, des vagues à l'infini, le bout du bout du monde. Puis le retour, tout remonter et pédaler à fond les manettes car nos compagnons ne peuvent pas se permettre de rater le bateau de 17h, arriver à bout de souffle, passer la soirée au bar pour se remettre de nos émotions, rentrer à vélo en zigzaguant un peu...

Photo prise par Erika à Dún Aonghasa (Fort Angus)

mercredi 10 décembre 2014

Aran

Quand je repense à mes séjours à l'étranger, ou encore à certaines périodes de ma vie, je repense toujours en premier à un temps fort en particulier. Puis d'autres souvenirs me reviennent, des moments agréables, drôles ou même tristes, enfin tous les moments où j'ai ressenti des émotions vraiment fortes. Quand je repenserai à l'Irlande, mon souvenir numéro un, ce sera le week-end sur l'île d'Inishmore.



Commençons par un peu de géographie : Inishmore (ou Inis Mór pour les puristes), c'est la plus grande des îles d'Aran, en rouge sur la carte. Pour y aller, on passe par Galway, une ville charmante avec des petites rues pavées, des violonistes qui y jouent de la musique traditionnelle et surtout beaucoup de pubs. Ma pote Erika et moi-même avions deux heures pour la visiter, nous avons pu déambuler dans tout le centre-ville et il nous restait même du temps pour prendre un café, c'est vous dire si c'est grand... Je regrette tout de même de ne pas avoir pu y passer une soirée, nous verrons à y remédier en janvier. Après cette visite éclair, nous avons longé en bus la baie de Galway pour nous rendre au port de Ros a' Mhíl d'où partent les ferries pour les trois îles d'Aran, Inis Mór, Inis Meáin et Inis Oirr, qui signifient littéralement grande île, île moyenne et petite île. Notre voyage en bus a été agrémenté par le bruit et l'odeur du vieux monsieur assis juste derrière nous qui a vidé le contenu de son estomac dans son sac. Nous avons pris garde de nous asseoir un peu plus loin de lui dans le ferry, au cas où il recommencerait, mais cette précaution ne m'a finalement pas empêchée d'avoir les tripes un peu en vrac, le voyage de nuit ne permettant pas à mon cerveau de comprendre ce qui lui arrivait. Une petite heure plus tard, il était temps d'accoster. 

À notre arrivée, notre hôte Roland nous attendait au port, nous arrachant aux mains du rabatteur à touristes qui voulait que l'on dorme dans son Bed & Breakfast. Roland, Allemand exilé depuis huit ans sur Inis Mór et comptant bien y finir ses jours, a été un hôte assez fantastique et nous avons su qu'il le serait quand il a demandé, au bout de trente secondes de conversation : "Est-ce que ça vous dérange si on passe au pub avant de rentrer à la maison ?". Nous avons donc commencé notre séjour en nous prenant une cuite, tout à la Guinness, en compagnie de Roland, de Martin, son pote tchèque passionné de boulangerie, de la patronne du café où il travaille, du barman et de quelques habitués que nous reverrons tous les soirs, puisque bien entendu, nous irons au pub tous les soirs. 

Le lendemain matin, le réveil avec vue sur la mer et - au loin là-bas - sur les montagnes du Connemara a été assez magique. Vers onze heures, Roland part travailler, seulement pour quelques heures puisque c'est l'hiver et que les touristes se font rares. Il nous laisse seules avec pour toute instruction de pousser la porte qui ne ferme pas a clef et de laisser la fenêtre entrouverte pour que son adorable chat Tiger, parti en promenade matinale, puisse rentrer. Plus tard, sous un soleil radieux, nous partons explorer l'île en commençant par le Black Fort, sur la côte atlantique. La chienne Shadow vient à notre rencontre, elle marchera au moins une heure avec nous avant que quelqu'un ne la récupère en passant. En chemin, nous croisons des vaches, des ânes et autres moutons, probablement blasés par le passage des touristes. Nous passons un long moment au Black Fort. Je suis époustouflée, je crois que c'est la première fois que je vois des falaises dignes de ce nom. Nous essayons de nous approcher tout en gardant en tête le conseil de Roland ("Évitez de tomber"). Sans avoir trop le vertige, je ne fais pas la maline face à tout ce vent. D'ailleurs, les embruns nous abîment la peau et nous redescendons, les joues rouge vif. Nous marchons jusqu'à Kilronan, le village principal de l'île. Nous allons nous acheter un déjeuner, la personne qui travaille en rayon est celle qui a récupéré le chien, puis nous poussons la porte du café d'à côté, c'est celui d'Angela que nous avons rencontrée la veille au pub, et le type assis à la table près du comptoir, c'est Martin le tchèque, qui est également - nous l'apprendrons plus tard - caissier au supermarché. Je pense que l'on peut parler de microcosme.

Après une sieste pour nous remettre de tout ce vent, nous retournons vers Kilronan, qui est tout de même à une bonne grosse demi-heure à pied. Il fait nuit et entre deux lampadaires, on n'y voit goutte. Nous tentons de faire du stop et une voiture finit par s'arrêter et nous déposer pile devant le Joe Mac's où nous retrouvons Roland pour une nouvelle soirée à base de Guinness. Au retour, un habitué du pub nous dépose, nous sommes quatre à l'avant de la fourgonnette, Erika est confortablement assise sur le levier de vitesse et le chauffeur est complètement alcoolisé mais bon, le risque de croiser d'autres voitures est globalement peu élevé et le risque de croiser la police est nul. D'une manière générale, on ne s'inquiète pas trop de respecter la loi, que ce soit sur la route ou au travail. Les restaurants emploient tout l'été du personnel au noir et si un inspecteur décide d'aller enquêter par là-bas, le personnel du bateau passe immédiatement un ou deux coups de fil et, le temps que l'inspecteur débarque, les restaurants ont eu le temps de tout ranger et de mettre un signe "fermé pour la journée". Roland nous racontait même que, lors d'un séjour sur Inish Oirr, surpris par le fait que le bar soit ouvert tout le temps et que ce soient toujours les mêmes personnes qui y a travaillent, il a demandé au patron s'il fermait parfois son pub. Réponse : "maybe in November"...

Quelques photos du premier jour

Vue depuis le salon



Shadow, qui suit les touristes comme leur ombre







Des chevaux de frise, ça s'appelle, les barrières en pierres








jeudi 4 décembre 2014

Russborough & Glendalough

Malgré mon dégoût des voyages organisés, j'ai suivi mes collègues étudiants Erasmus pour une journée dans la région de Wicklow. Et j'ai bien fait ! Nous avons commencé par visiter la Russborough house, grande et belle demeure ayant appartenu à la lignée des comtes de Milltown puis, plus récemment, au grand industriel et collectionneur d'art Sir Alfred Beit. Si vous ne savez pas où passer vos prochaine vacances, vous pouvez y séjourner à deux pour une semaine pour la modique somme de 2080€. Cela dit, la maison est superbe (À ce prix-là, elle peut ! D'aucuns disent que c'est la plus belle de toute l'Irlande) et on y organise de temps en temps des dîners aux chandelles et autres événements culturels. Qu'il doit être bon d'être riche...







Côté jardin

Les affaires personnelles de Sir Alfred Beit, grand voyageur

Diaporama de ses voyages au Moyen-Orient et en Afrique


Puis nous avons repris le bus pour admirer les montagnes de Wicklow mais la pluie incessante nous a un peu gâché le paysage. Pas de photo, hélas. Mais le temps d'arriver au parc national de Glendalough, le soleil avait reparu (bon, sauf pour une averse au moment où on était tout au bout du chemin et où on n'avait nulle part pour se mettre à l'abri, sinon ce n'est pas drôle). Le parc était superbe, avec un immense lac et un bout de forêt absolument féerique. Il y avait aussi un monastère à l'entrée, avec une église très ancienne et un petit cimetière tout calme avec les belles et typiques croix celtiques. Les gens se battent pour s'y faire enterrer !















Notre copain rouge-gorge, sobrement baptisé "p'tit machin"