Et si je vous parlais un peu de la Roumanie ? Nan parce que ça fait presque un mois que j'y suis et pour l'instant, je n'en ai pas dit un mot... C'est aussi parce que j'ai beaucoup de choses à penser en ce moment, et puis un mémoire à écrire, alors évidemment, le blog passe à la trappe.
Jusque là, tout se passe relativement bien. Je vis à Ploiești (oui avec un s cédille bizarre qui passe mal quand on copie-colle), prononcer Plo-yè-chte. Petite ville de 200 000 habitants, elle est à une heure au nord de Bucarest, direction Brașov, grande ville touristique de Transylvanie. Ma ville n'est pas très belle. Elle le fut, mais comme pour la majorité des villes roumaines, le communisme a eu raison de sa beauté. On y trouve maintenant de grands boulevards, quelques églises et d'immenses blocs tous gris, j'ai de la chance, le mien est un peu bleu aussi. C'est une ville où les gens viennent pour travailler, mais pas vraiment pour sortir... Il ne s'y passe pas grand chose. Il y a quand même eu "Les jours de l'amitié" il y a deux ou trois semaines, avec des concerts et de la bière, mais rien de transcendant. J'ai quand même rencontré, via couchsurfing, quelques personnes pour aller prendre des verres, alors ça va.
J'ai passé le premier mois à l'Alliance Française. Je dois préparer un festival de lecture qui aura lieu en octobre, donc autant dire que pour l'instant c'est un peu précoce et que je n'aurai finalement que quelques jours fin août pour rencontrer les professeurs et mettre en place des activités. Pour m'occuper, j'ai remis tous les livres de la médiathèque en ordre alphabétique. Stage pas très rempli, donc. J'en profite pour écrire mon mémoire que je dois rendre fin août, j'ai choisi comme sujet "Les enjeux de la promotion du livre et de l'écrit français dans le cadre de la coopération franco-roumaine". C'est toujours un peu dur de s'y mettre mais ça reste globalement intéressant. J'en suis à une dizaine de pages, je serre les dents.
En ce moment, l'Alliance étant fermée pour les congés annuels, je me rends au Musée des sciences naturelles. J'y découvre les joies de la gestion de projets, les réussites (de beaux plans de management qui vont bientôt être mis en place pour aider deux communes à protéger les sites naturels sur leur territoire) et les ratés... Ce matin par exemple nous sommes allés dans deux écoles de la commune de Valea Doftanei comme ils font chaque mois depuis le début de projet afin de sensibiliser les jeunes. Aujourd'hui, nous étions censés leur apporter un jeu de société sur le thème du projet, à savoir un lac et une forêt. Sauf que :
- premièrement, le jeu n'avait strictement aucun intérêt car il n'y avait pas de but du jeu ! Les animatrices, légèrement furax car elles ont sous-traité ce contrat à un(e) incapable, ont donc dit aux enfants que c'était à eux de trouver une règle amusante ;
- deuxièmement, nous sommes en période de vacances scolaires, donc personne ne s'est pointé dans la première école et nous avons vu seulement une poignée de jeunes dans la deuxième. Ça valait le coup de faire deux heures et demie de route !
En tout cas, ça m'aura permis d'admirer le paysage montagneux de la région. Ils ont des chalets en bois là-haut, on se croirait dans les Alpes. Et puis ils en ont profité pour prendre des photos en me mettant des prospectus dans les mains pour montrer qu'ils informaient activement la population locale... Bref. Jeudi nous repartons en vadrouille de l'autre côté du département pour déposer une expo photo en mairie. Comme je me réjouis ! Au moins ça me fait des petites sorties, et puis les gens sont agréables, j'essaye de leur parler roumain. De ce point de vue là, ça revient moins vite que je ne l'espérais, mais c'est surtout parce que tout le monde parle français dans le petit monde de gens cultivés de Ploiești. Ça revient quand même, sûrement parce que c'est la plus jolie langue que je connaisse.
Je mange bien. Je vais au marché pour les fruits et les légumes, et aussi le fromage frais et brut, taillé en gros blocs. Ici on n'achète pas 100 grammes de gruyère râpé, ça non. On demande au fromager de goûter un petit peu, et puis si c'est bon on en prend un demi-kilo emballé à l'arrache dans un petit sac en plastique transparent. La viande est servie de même. Je n'en achète pas moi-même mais ces deux derniers week-ends, ma directrice m'a invité chez elle, et c'est ambiance porc-poulet-porc-poulet à chaque repas. Moi qui n'aime pas le porc, je dois dire que quand c'est partagé comme ça, je trouve ça bon !
Ma directrice est chouette. Elle a soixante ans passés, elle est plus énergique que jamais. C'est chez elle que je squatte la semaine puisqu'elle ne vient que très peu dans son appartement de Ploiești, donc elle me le laisse gentiment pour l'été. Elle m'a aussi invitée plusieurs fois. Je suis allée il y a quinze jours dans leur maison familiale en plein milieu des champs de tournesol. C'est à la fois la campagne et la banlieue chic de Bucarest car on est tout à côté. D'ailleurs j'y suis allée le samedi pour voir Simona Halep jouer la demi-finale de l'open de tennis, un chouette match. Le week-end dernier, nous étions dans leur maison de campagne près de Valenii de Munte. Un peu loin de tout, pas de réseau téléphonique, surtout pas d'Internet, les toilettes au fond du jardin car l'eau n'est courante que depuis quatre ans. Et puis il y fait froid, alors on dort sous une bonne couverture, que c'est agréable !
Mais je suis de retour en ville, j'ai chaud et le mois de juillet, qui porte le doux nom de Cuptor, "le four", dans le calendrier traditionnel orthodoxe, commence à sévir. Je cuis, donc, et je bénis les soirs d'orage. J'attends les courtes vacances que j'aurai début août pour m'évader, je ne sais pas encore où j'irai, je prendrai peut-être le premier train et on verra bien. D'ici là, je m'en retourne à mon mémoire.
| Week-end à Snagov. Et encore, je vous montre pas la piscine ;) |