mardi 8 juillet 2014

Jour 4 : Jérusalem et Bethléem

Décrire Jérusalem serait un travail de titan car on est submergé de couleurs, d'odeurs, de bruits, de goûts. C'est excitant, usant à force. J'ai mis du temps à m'adapter avant de sortir l'appareil photo. J'ai entendu parler toutes les langues, vu des gens de toutes les couleurs de peau, de toutes les nationalités, de toutes les religions. C'est incroyable, c'est prenant. Quelques photos du Saint Sépulcre.




J'aime la manière dont la lumière rentre dans les églises.



Il se passe un truc, non ?


La porte de Damas, un des points d'entrée dans la vieille ville
J'ai fini par m'enfuir après cette matinée haute en émotions. Je monte dans un bus. Quand nous passons la frontière vers les territoires palestiniens, un panneau nous prévient que le passage est interdit aux Israéliens, que c'est non seulement illégal mais surtout dangereux pour leur vie. Je descends à Bethléem, j'envoie balader quelques chauffeurs de taxis et traverse la ville à pieds. Naturellement, je ne suis pas habillée de manière stratégique, mais j'ai pris le plis d'emmener toujours sur moi mon grand sarong que je m'enroule autour de la taille pour cacher ces genoux que personne ne saurait voir. Je dépose mes affaires à l'auberge de jeunesse où je resterai pour la nuit car mon Couchsurfer s'est manifesté un peu tard et j'ai cru qu'il m'avait laissée tomber. Puis je me rends à l'église de la Nativité, qui est bondée et en travaux.



Au risque de me répéter, j'aime bien la manière dont la lumière entre dans les églises. 
Dans ces cadres, des images de saints que quelqu'un vient changer régulièrement pour que chacun reçoive son content de baisers, je suppose.


Attendre de voir l'endroit même où Jésus est né (serait né ?) a été assez pénible. Une foule doit s'entasser dans un minuscule couloir, tout le monde veut passer le premier. On se serre, on se marche sur les pieds, un vrai bonheur. Finalement, quand on est devant, on a tout juste le temps de se pencher pour embrasser une plaque en verre (ce que je n'ai pas fait, faut pas déconner) avant que le prêtre ne jette un "next!". Quel moment de grâce, vraiment... N'empêche qu'en sortant, une femme pleurait de joie. C'est là que je me suis rendue compte que certains croyants avaient certainement attendu ce moment depuis très longtemps. Et que moi j'y étais, et que je n'en avais pas grand chose à faire. Je n'ai pas eu de révélation mais je dois dire que la Bible, qui est pour moi une histoire fictionnelle, m'a paru bien plus réelle qu'avant quand j'ai pu voir les noms comme Nazareth ou Jéricho sur les panneaux de signalisation. Bref, je m'égare, telle la brebis.


Le côté bling bling

Enfin ! À l'air libre




Pour clore cet après-midi, je suis allée vers l'église de Milk Grotto, la grotte du lait. On dit que Marie, allaitant son nouveau-né, aurait laissé tomber une goutte de son lait sur un rocher, d'où la couleur blanche de la pierre à cet endroit. Un endroit moins peuplé et, à mon sens, plus joli.








La ville de Bethléem est très calme, si ce n'est quelques guides touristiques qui tiennent absolument à offrir leurs services pour aller de l'église de la Nativité à l'autre bout du pays, et surtout pour aller voir le graph de Banksy qui est, ironie du sort, devenu une attraction touristique majeure. (Ils te demandent toujours ton nom, il y en a un qui m'a dit "Bonjour Sarah" le lendemain matin...) J'ai décliné poliment, expliquant que je préférais errer un peu dans la ville, prendre un verre, déguster un énième falafel, prendre encore quelques photos. Je garde un souvenir reposant de cette soirée.






Le soir venu, j'ai rejoint l'auberge de jeunesse qui était juste à côté de l'école franco-palestinienne, qui porte le doux nom d'École du Petit Prince. En montant sur le toit, j'ai pu me rendre compte que l'auberge était également tout à côté d'une prison... J'ai évité de les photographier mais j'ai quand même obtenu un panorama sympathique.


 Je suis redescendue dans l'auberge et le mec de l'accueil m'a annoncé que, puisque j'étais seule, il me laissait et il rentrait chez lui. Soirée loose, donc. J'ai bouquiné l'un des nombreux livres qui traînait et au passage, j'en ai déniché un qui m'a bien fait sourire.

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