jeudi 10 juillet 2014

Jour 7 : Jérusalem et la Mer Morte

Je commence la journée en retournant au Mur des Lamentations histoire de prendre des photos, prouver que j'y étais, tout ça tout ça. Et puis aussi parce que c'est là que se trouve l'entrée pour accéder à l'Esplanade des Mosquées, juste derrière le mur. L'esplanade est également sacré pour les Musulmans, il y règne un calme incroyable qui vous repose à l'intérieur. Même les quelques jeunes qui jouent au ballon ne peuvent venir troubler la sérénité du lieu. Des groupes d'enfants accompagnés de leur professeurs y viennent pour étudier la religion. Des personnes plus âgées s’assoient en cercle et prennent le thé. On s'y sent chez soi. Impossible malheureusement de pénétrer dans le Dôme du Rocher pour les non-Musulmans, du coup je mitraille de photos depuis l'extérieur.

Le Mur des Lamentations


Les hommes à gauche et les femmes à droite

Arrivée sur l'Esplanade des Mosquées

Le Dôme du Rocher













Une église russe cachée de l'autre côté.





Je rentre chez Eran et nous attendons sa tante qui habite à Ein Gedi, oasis sur la côte de la Mer Morte, et qui doit m'y emmener dans l'après-midi. Pour tuer le temps, je monte sur le toit de son immeuble, qui fait une douzaine d'étages, et prend quelques photos de la nouvelle ville.




Moment volé. Assis sur le rebord du trottoir, Eran me chante "Die Forelle", la Truite de Schubert, d'une voix de ténor superbe. Je ne connais pas bien les paroles, je ne peux pas l'accompagner plus loin que le premier refrain. En échange, je lui chante la seule chanson que je connaisse en polonais, ce seront nos cadeaux d'adieu. 

Traversée du désert
Nous partons vers Ein Gedi, je n'ai jamais vu un tel paysage. J'aperçois un dromadaire dans les dunes. Nous nous enfonçons de plus en plus jusqu'à atteindre 423 mètres en dessous du niveau de la mer, l'endroit le plus bas de la planète. Puis on me laisse juste après le checkpoint, un peu avant la ville. La voiture repart. J'enjambe la rambarde sur le bord de l'autoroute, laissant derrière moi quelques militaires en faction et un arrêt de bus qui semble désaffecté, mais où je suis censée reprendre le bus pour rentrer le soir même dormir à Jérusalem. C'est probablement un des moments les plus excitants de ma vie. Je suis incroyablement seule dans un paysage incroyablement désert. Je descend vers la mer, à la recherche d'une petite source d'eau claire, suivant les conseils de mon hôte. La chaleur est littéralement étouffante. Toujours personne à l'horizon. Je me déshabille et me mets prudemment à l'eau. Je dérape et m'ouvre le genou qui saigne abondamment, le bain d'eau archi-salée devient un peu moins agréable, du coup. Je flotte, c'est drôle, c'est indescriptible. On peut être en position verticale ou bien horizontale, mais pas entre les deux. Je me fais un masque avec la boue que je ramasse sous l'eau, il paraît que les minéraux sont excellents. Je finis par ressortir et laisse le soleil sécher ma peau huileuse. Je suis un petit marais salant à moi toute seule. Je tente de me rincer à l'eau claire. J'aperçois quelques personnes au loin qui viennent pour une ultime baignade. À un moment, je prends mon mp3, toujours en mode random, qui me joue "What a wonderful world". Le charme est quelque peu rompu quand il enchaîne sur la Carioca. Je l'éteins pour regarder le soleil décliner, perdue dans mes pensées.

Vue sur la Jordanie


Ma peau après séchage naturel



Les minéraux de la Mer Morte

Le sol, couvert de croûtes de sel





(Je vous épargne les photos avec les déchets, visiblement, être dans un endroit aussi magique n'empêche pas les gens d'y laisser leur plastique...) Je remonte attendre le bus qui n'arrive pas. Je finis par arrêter une sorte de mini-bus, le chauffeur a fini sa journée mais il propose de me faire faire un bout de chemin. Nous parlons un moment, il me conseille sur les prochaines visites mais je n'ai plus beaucoup de temps, hélas. Il me laisse au beau milieu du désert, le bus que je devais prendre à Ein Gedi finit par arriver et me dépose dans la capitale. C'est la fête des Lumières qui commence ce soir là, un fil lumineux est tendu à travers toute la ville et mène les spectateurs d'attraction en attraction. J'attrape un shaorma pour tout dîner et avant de tomber de sommeil, je prends une douche. Je me suis rarement sentie aussi sale, et aussi bien.

Les illuminations de la porte de Jaffa

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire